Déçu de sa prestation dans le programme libre la veille, Nicolas Andreani voulait rectifier le tir lors de son 2e passage. Il l’a fait et très bien fait dimanche matin, déclenchant des tonnerres d’applaudissements dans le public.

En sortie de piste, le champion d’Europe n’a pas caché son émotion. II venait de mettre une intensité telle dans son programme libre (celui-là même qui lui a permis de décrocher l’or européen) qu’il lui a fallu un peu de temps pour «redescendre». Il faut dire que Nicolas, Marina Joosten Dupon et le magnifique alezan Idéfix de Braize venaient de faire vivre au public un moment magique. «Notre trio fonctionne à merveille. Cela fait six ans maintenant que je travaille avec Idéfix et c’est un cheval exceptionnel!» La tête encore un peu à la compétition qu’il venait tout juste de remporter, Nicolas est revenu sur sa déception de la veille. «Quand on est champion d’Europe, il y a une pression supplémentaire, on est attendu… C’est vrai qu’après mon premier passage en libre, samedi matin, j’étais déçu… Je ne me suis pas assez concentré, j’avais sans doute un peu trop la tête à mon programme technique de l’après-midi, qui est tout nouveau…» Nicolas était bien déterminé à rectifier le tir et à donner le meilleur de lui-même dimanche matin. «Je me suis aperçu que quand j’ai la pression, c’est là que je me sublime le mieux. Et cette pression, je me la suis mise. Je voulais être à la hauteur de mon statut de champion d’Europe. Ce que je veux, c’est embarquer le public, juges compris, dans mon histoire. Pour moi, le jury est partie intégrante des spectateurs; la seule différence, c’est qu’eux ont le droit de me noter.» «Gagner à Saumur, c’est toujours fort!», continue Nicolas. «Gagner les Europe a été une grosse émotion pour moi, mais pas plus que de gagner le CVI ici l’année dernière. On est à la maison, les parents, les amis sont là. C’est tellement fort! Et puis, il y a la particularité de ce manège. On est à la détente, derrière les tribunes, on entend le public mais on ne le voit pas. Et puis, on prend ce couloir… Les cris, les applaudissements se rapprochent, mais on ne voit toujours rien. Et à l’entrée en piste, ça vous saute au visage! C’est très fort! Il y a peu d’endroits qui permettent d’avoir ces sensations!» Nicolas pense d’ores et déjà à la suite de sa préparation. Car l’objectif n°1, ce sont évidemment les Jeux Mondiaux de Lexington à l’automne. Y présentera-t-il un nouveau programme libre? «Je ne sais pas encore… Je dois en discuter avec le staff, avec Davy (Delaire, l’entraîneur national). Pourquoi pas? Mais en même temps, celui-là fonctionne encore tellement bien!»